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Marc est membre d’honneur d’ADDIL BENIN TOGO.A chacune de nos missions , il confiait à Yves des billets (Francs CFA) destinés à aider les Africains que nous rencontrions. Les habitants de la concession, le directeur d’école, les vieilles mamans savaient que cet argent venait d’un ami resté en France bien malgré lui puisque son état de santé et son grand âge ne lui permettait pas de nous accompagner .
Yves nous donne ici un aperçu de la carrière de MARC BONNEFONT de Beauregard- Vendon en Auvergne.

Carnet de vol
« Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité »
Antoine de Saint-Exupéry

Marc BONNEFONT

Il a mis l’essentiel de sa vie au service de l’Afrique, de l’Aviation Civile et aujourd'hui il la partage encore entre Beauregard-Vendon et San Pedro ( 1er port mondial pour le cacao de Cote d’Ivoire), témoignage d’une forte affinité pour le continent noir, véritable aimant s’il en est…
Une vie entière de travail et de contacts, en Afrique.
Une Afrique de sagesse et de vérité, comme le disent si bien ces quelques proverbes :

-Le vieil éléphant sait où trouver de l'eau.
-Ce qui est plus fort que l'éléphant, c'est la brousse.
-L'homme a inventé la montre, mais Dieu a inventé le temps.
-Au chef, il faut des hommes et aux hommes, un chef.
-Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits.
-Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d'où tu viens...

Les racines de Marie Joseph Marc sont ancrées à Beauregard-Vendon (village à l'abri des volcans d'Auvergne, un pied dans la Limagne, l'autre dans les Combrailles) où il naquit un jour de 1923, le samedi 8 décembre précisément (Maria Callas vit le jour en ce mois de décembre 1923.et René Coty fit ses premières armes en politique, il occupera l’Elysée en 1953).
Son père, Maurice Bonnefont, fut Maire de la Commune de 1942 à 1944.
Aîné d’une famille de 2 enfants, la jeunesse de Marc se passa au village, paisiblement mais rudement dans l’entre-guerre, puis angoissante pendant la période troublée de la seconde guerre mondiale.Dés 1943 il fut enrôlé dans les chantiers de jeunesse.
L'armistice du 22 juin 1940 ayant supprimé le service militaire obligatoire, les chantiers de jeunesse furent créés comme une sorte de substitut le 30 juillet 1940. Les jeunes hommes de la zone libre et de l'Afrique du Nord française en âge (20 ans) d'accomplir leurs obligations militaires y étaient incorporés pour un stage de six mois. Ils vivaient en camps près de la nature, à la manière du scoutisme, mais avec le volontariat en moins, et accomplissaient des travaux d'intérêt général, notamment forestiers, dans une ambiance militaire. Ils étaient encadrés par des officiers d'active et de réserve démobilisés, ainsi que par des aspirants formés pendant la guerre de 1939-1940. Dés 1941 l'obligation des chantiers de jeunesse est étendue à tous les français de zone libre devant accomplir leurs obligations militaires, 8 mois.
En s’engageant il rejoignit ensuite l’Armée de l’Air à Toulouse qui le muta à Rennes, puis à Caen.
C’est alors, en 1947, que, après un court séjour à Aulnat (Aéroport de Clermont), va commencer « sa chevauchée fantastique » à travers l’Afrique de l’Ouest, où il exerça les fonctions de commandant d'aérodrome, un périple résumé ci-dessous,

1948 à 1950 Bobo-Dioulasso (Haute-Volta aujourd'hui le Burkina Faso).
1950 à 1953 Atar (Mauritanie).
1954 à 1956 Saint Louis du Sénégal (Sénégal).
1956 à 1957 Zinder (Niger).
1958 Boké (Guinée).
1960 à 1973 Man (Cote d’Ivoire).
1972 à 1973 Abidjan (Cote d’Ivoire).
1973 à 1975 Man (Cote d’Ivoire).

1976 à 1983 CLERMONT-FERRAND Aulnat.
1983 nouvelle page d’écriture.
Son parcours fut ponctué de diverses et savoureuses anecdotes et de nombreuses rencontres dont les plus marquantes furent:
A Bobo-Dioulasso il rencontra Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir
A Atar il fut sous l'autorité de Pierre Messmer (Premier Ministre en 1972 de Georges Pompidou).
A Atar il rencontra Théodore Monot, éminent naturaliste, le spécialiste du Sahara.
A Saint Louis du Sénégal la frégate "La Méduse" transportant le nouveau gouverneur fit naufrage, le peintre Théodore Géricault immortalisa cet événement sur une toile célèbre "le radeau de la Méduse".
A Man il put côtoyer Houphouët Boigny Président de la Cote d'Ivoire et au Sénégal le Président Léopold Sedar Senghor.
A Man toujours il eu un contact avec Winston Spencer Churchill petit fils de Winston Churchill.

Il ramena aussi de savoureuses anecdotes, dont celle-ci à Boké:

"Lors du référendum du 28 septembre 1958, relatif à la proposition du général de Gaulle d’intégrer la Guinée au sein d'une Communauté française, Sékou Touré demanda à ses concitoyens de voter « non » au référendum, consigne qui ne sera pas totalement suivie .
En effet lors du dépouillement des résultats du bureau de vote de l’aérodrome de Boké il y avait un « oui » dans l’urne, un seul …!
Etonnant ? pas vraiment… Un seul blanc était inscrit sur les listes !
L’auteur du vote fut promptement identifié et il fut alors proclamé haut et fort : « le Gouverneur du ciel a voté oui ».
Une explication, très conviviale, eut alors pour lieu le bar de l’escale…autour... d’une bonne bière locale."

Cette épopée s’achèvera en 1976 suivie par un retour aux sources, de 1976 à 1983 à Aulnat, qui précédera une retraite bien méritée, pendant laquelle cependant il se retrouve périodiquement à San Pedro pour continuer toujours à tisser des liens avec cette Afrique, sa passion...

Oubliant les vieux Coucous, Dakota, Junker et autres il fit en 1983 un dernier tour de piste avec le Concorde.
Il a beaucoup donné à l’Afrique et celle-ci le lui a bien rendu
* Extrait de "L'Appel de l'Afrique"-2010-YT


Nous n'oublions pas son support moral et participatif à notre association ADDIL, qui était très apprécié à Djakatomey ( Bénin) et nous l'en remercions encore mille fois

Carnet de vol  de Marc Bonnefont
Carnet de vol  de Marc Bonnefont
Carnet de vol  de Marc Bonnefont
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